Il n'y a pas qu'un seul type de diabète, ni deux, ni trois, mais bien plusieurs!

15 Janvier 2026
Il n’existe pas un diabète.
Il existe des diabètes — et les confondre nuit aux patients.
« J’ai du diabète. »

Cette phrase-là semble simple.
Elle ne l’est pas.

En consultation, je la vois créer des malentendus, de la culpabilité inutile, de faux espoirs… et parfois de mauvaises décisions thérapeutiques. Parce que derrière le mot diabète, il n’y a pas une maladie, mais plusieurs réalités biologiques très différentes.

Même conséquence visible — une glycémie élevée —
mais causes, mécanismes et traitements qui n’ont parfois rien à voir.

Le problème mal compris : tout mettre dans le même panier

Dans l’imaginaire collectif :

le diabète, c’est le sucre

c’est souvent la faute de l’alimentation

c’est parfois vu comme un manque de volonté

et on oppose encore trop souvent « diabète grave » et « diabète moins grave »

👉 Cette vision est scientifiquement fausse
👉 et cliniquement dangereuse

Car on ne traite pas une glycémie,
on traite la cause de la dysrégulation glycémique.

Un point commun… mais des mécanismes opposés

Tous les diabètes ont un élément en commun :
👉 une incapacité à maintenir la glycémie dans une zone sécuritaire.

Mais pourquoi cette incapacité survient varie énormément :

destruction auto-immune

résistance à l’insuline

déficit génétique de sécrétion

perte de tissu pancréatique

atteinte hormonale secondaire

maladie sous-jacente

Et c’est là que les distinctions deviennent essentielles.

Les principaux types de diabète (et ce qui les distingue vraiment)
🔹 Diabète de type 1 (DT1)

Maladie auto-immune

Destruction des cellules bêta du pancréas

Production d’insuline quasi nulle ou absente

Survient souvent dans l’enfance ou l’adolescence, mais peut apparaître à tout âge

👉 L’insuline est vitale, pas optionnelle
👉 L’alimentation n’est pas la cause, mais un outil de gestion

🔹 Diabète de type 2 (DT2)

Combinaison variable de :

résistance à l’insuline

déficit progressif de sécrétion

Fortement influencé par :

génétique

environnement

hormones

âge

stress métabolique

👉 Ce n’est pas un échec personnel
👉 Ce n’est pas toujours réversible
👉 Et ce n’est pas un diabète “léger”

🔹 Diabète gestationnel (DG)

Apparaît pendant la grossesse

Lié aux hormones placentaires qui augmentent la résistance à l’insuline

Disparaît souvent après l’accouchement… mais pas toujours

👉 Marqueur d’un risque métabolique futur
👉 Nécessite un suivi post-grossesse (souvent insuffisant)

🔹 LADA (Latent Autoimmune Diabetes in Adults)

Diabète auto-immun, comme le DT1

Apparition plus lente, à l’âge adulte

Souvent confondu avec un DT2 au départ

👉 Les médicaments oraux peuvent fonctionner temporairement
👉 Mais l’insuline devient souvent nécessaire
👉 Le diagnostic tardif retarde parfois un traitement approprié

🔹 MODY (Maturity-Onset Diabetes of the Young)

Diabète génétique monogénique

Transmission familiale autosomique dominante

Plusieurs sous-types, chacun avec :

un mécanisme précis

une réponse différente aux traitements

👉 Certains MODY n’ont pas besoin d’insuline
👉 D’autres répondent très bien à des médicaments spécifiques
👉 D’où l’importance d’un diagnostic précis

Les diabètes dits “secondaires” (souvent oubliés)

Et oui — il y en a d’autres. Plusieurs.

🔹 Diabète secondaire à une atteinte du pancréas

Exemples :

pancréatite chronique

chirurgie pancréatique

cancer du pancréas

👉 Le problème n’est pas la résistance,
👉 mais la perte de tissu fonctionnel.

🔹 Diabète associé à la fibrose kystique

Appelé CFRD (Cystic Fibrosis–Related Diabetes)

Mécanisme mixte :

destruction progressive du pancréas

déficit insulinique

Impacts majeurs sur :

poids

masse musculaire

fonction pulmonaire

👉 Souvent sous-diagnostiqué
👉 L’insuline est fréquemment nécessaire

🔹 Diabète induit par médicaments

Exemples :

corticostéroïdes

certains antipsychotiques

traitements oncologiques

👉 La glycémie élevée est une conséquence du traitement, pas un échec du patient.

🔹 Diabète associé à des maladies endocriniennes

Syndrome de Cushing

Acromégalie

Hyperthyroïdie (plus rarement)

👉 Ici, la clé est de traiter la cause hormonale.

Ce que je vois sur le terrain (et qui change tout)

En clinique, je vois :

des patients mal étiquetés

des attentes irréalistes

des comparaisons inutiles entre diabètes

et beaucoup trop de culpabilité

👉 Deux personnes avec la même glycémie peuvent :

ne pas avoir le même type de diabète

ne pas répondre aux mêmes traitements

ne pas avoir les mêmes objectifs réalistes

Comparer les diabètes entre eux n’aide personne.

Reprendre le pouvoir : ce qu’il faut vraiment comprendre

Si tu vis avec le diabète — ou accompagnes quelqu’un qui en a un — retiens ceci :

Le type de diabète change les priorités

Le mécanisme oriente le traitement

La personne n’est jamais le problème

👉 Mieux comprendre son type de diabète,
c’est mieux collaborer avec l’équipe médicale,
poser de meilleures questions,
et arrêter de se juger à partir de critères qui ne s’appliquent pas.

Pour aller plus loin

C’est exactement ce genre de distinctions qu’on travaille :

en consultation

dans mes formations

dans mes contenus éducatifs

Parce que bien gérer le diabète commence par bien le comprendre —
pas par se blâmer.
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