Diabète de type 2 et relation aux aliments, un enjeu souvent oublié

03 Février 2026
C’est la Semaine nationale des troubles alimentaires.

Et s’il y a un groupe de personnes dont on parle très peu dans cette conversation, ce sont les personnes vivant avec un diabète de type 2.

Parce que, dans la majorité des cas, ces personnes-là ne commencent pas leur parcours avec le diabète.

Elles commencent avec des années — parfois des décennies — de diètes.
De tentatives.
D’efforts.
De « je recommence lundi ».

Elles ont essayé le faible en gras.
Le faible en glucides.
Le jeûne.
Le comptage.
Les points.
Les shakes.
Les interdits.

Elles mangent souvent mieux que la grande majorité de leurs voisins, collègues, amis.

Et malgré tout…
le poids ne suit pas toujours là où elles voudraient.

Puis un jour, la glycémie s’ajoute à l’équation.

Et là, le message devient encore plus lourd.

Surveille tes glucides.
Surveille tes gras saturés.
Mange à telle heure.
Ne saute pas de repas.
Évite ceci. Limite cela. Fais attention.

Ce sont des recommandations qui ont du sens sur le plan médical.

Mais sur le plan humain?
Sur le plan de la relation avec la nourriture?

C’est souvent la goutte de trop.

Parce que soudainement, manger ne devient plus un geste naturel.
Ça devient un test.
Un examen.
Un terrain miné.

Chaque repas peut donner l’impression de réussir… ou d’échouer.

Et tranquillement, sans que personne ne le nomme vraiment, la relation avec les aliments se fragilise.

On ne mange plus pour se nourrir.
On mange pour « ne pas se tromper ».

On ne choisit plus des aliments.
On évite des erreurs.

On ne ressent plus la faim et la satiété.
On suit des règles.

Et pourtant, ces personnes ne manquent ni de volonté, ni de connaissances, ni d’efforts.

Ce qu’elles vivent, c’est l’usure.

L’usure d’avoir toujours l’impression que leur corps ne collabore pas malgré tout ce qu’elles font « comme il faut ».

Cette semaine, parlons de troubles alimentaires.

Mais parlons aussi de cette zone grise, très fréquente chez les personnes vivant avec un diabète de type 2 :
une relation à la nourriture teintée de culpabilité, de peur et de contrôle excessif.

Parce qu’améliorer la glycémie, ce n’est pas seulement une question de glucides.
C’est aussi une question de relation avec les aliments.

Et parfois, la première étape pour aider la glycémie…
ce n’est pas d’ajouter des règles.

C’est d’en enlever quelques-unes.
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